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Des jeunes commentent leurs études interreligieuses

Des jeunes commentent leurs études interreligieuses

© Albin Hillert/COE

23 août 2016

Au mois d’août 2016, 17 étudiantes et étudiants ont obtenu leur certificat d’études avancées (CAS) en études interreligieuses à l’Institut œcuménique de Bossey. Cette formation de 6 semaines, accréditée par l’Université de Genève, se divise en un enseignement à distance et une expérience en internat d’importance égale.

La promotion était composée de 9 étudiantes et 8 étudiants, dont 6 de religion chrétienne, 5 de religion juive et 6 de religion musulmane, âgés de 20 à 35 ans.

Les retours de quelques-uns d’entre eux montrent combien il est porteur de mélanger les cultures, les communautés et les traditions religieuses dans un cadre propice à des échanges honnêtes.

Elliot Steinberg, de confession juive, vient de Grande-Bretagne. Il est chargé de programme au Conseil des chrétiens et des juifs à Londres. Il a suivi cette formation parce qu’il pensait qu’il serait «intéressant de rencontrer des gens venus d’autres cultures, d’autres communautés». «C’était une expérience très forte. Bien plus que je ne m’y attendais.»

À présent, a-t-il ajouté, il va pouvoir appliquer une bonne partie de ce qu’il a appris dans son travail.

Antony Abi Award, chrétien catholique vivant au Liban, est bénévole dans des œuvres caritatives chrétiennes de son pays. Il espère entrer rapidement au séminaire pour devenir prêtre. «Nous connaissons une vaste diversité de religions au Liban, mais très peu a été fait pour créer des points de convergence et des interactions entre les différentes religions.» Il a constaté qu’il avait appris beaucoup de choses, non seulement sur les deux autres religions, mais aussi sur les différentes confessions du christianisme. Il se sait maintenant capable de contribuer à la création d’autres points de convergence et à l’élargissement des champs d’interaction.

Musulmane originaire du Nigeria et du Royaume-Uni, Sajida Mohammed a suivi cette formation «par intérêt», notamment parce qu’elle avait étudié les religions abrahamiques à l’université. Après cette formation, cependant, elle envisage à présent de faire carrière dans le dialogue interreligieux.

Les trois étudiants disent avoir appris que chaque religion avait des principes étonnamment proches − voire très ressemblants − sur de nombreuses questions, en particulier en matière de migration et d’apatridie. Le christianisme, l’islam et le judaïsme appellent en effet leurs adeptes à ne pas se détourner des étrangers. Ces principes − l’identité plutôt que l’altérité, la communion plutôt que la division − ont été reproduits par les étudiants eux-mêmes pendant la formation. Tous trois ont rapporté que les étudiants s’étaient tous très bien entendus, un constat qui s’est révélé particulièrement instructif.

Pour Sajida, les échanges personnels étaient à la fois très enrichissants et stimulants. «Il n’y a pas eu de disputes, a-t-elle expliqué. Il s’agissait plus de discussions, et ce, parce que nous nous sommes fait une bonne opinion les uns des autres.» Elliot a lui aussi souligné l’importance des échanges personnels: «apprendre à nous connaître, tisser des liens et, je l’espère, rester en contact. C’était ça, le plus marquant.»

Pour Antony Abi et Sajida, l’aspect le plus impressionnant de la formation a aussi été le plus inattendu. Cela s’est passé pendant les séances de «travaux pratiques». Dans le cadre de leur formation, tous les étudiants ont participé à des visites d’étude à l’église, à la mosquée et à la synagogue. Ce sont ces expériences religieuses qui les ont le plus touchés et surpris. Sajida a trouvé le service du shabbat «vraiment marquant».

Institut œcuménique de Bossey

Bossey students celebrate graduation (communiqué de presse du COE du 23 août 2016, en anglais)

Activités du COE visant à renforcer le respect et la confiance entre les religions